Silence, ça cadre ! Comment dynamiser vos motions ?

Je vous vois arriver avec votre question « quel est le rapport entre le cinéma et le motion ? » C’est tout simple, pour faire un bon film il faut ressentir les émotions et le dynamisme, c’est identique pour le motion. On ne voudrait pas que vous vous endormiez devant des courtes vidéos.

Le storyboard

Pour éviter cette situation, il faut s’intéresser à l’étape du storyboard, c’est ici que la magie va s’opérer. Le storyboard est une étape de pré-production, il permet de planifier l’ensemble des plans qui constituent la vidéo. Sous forme de dessins, avec une mise en page qui rappelle la BD, il permet de donner les informations sur l’animation, le cadrage et les mouvements de caméra.

Et justement c’est à ces deux dernières informations que l’on va s’intéresser. Le cadrage et les mouvements de caméra permettent de cibler des éléments, d’apprendre l’environnement dans lequel évolue•nt le•s personnage•s ou élément•s, de connaître l’état émotionnel, de dynamiser l’action

Les plans :

  • Plan général : a pour but de montrer un lieu, une ville , un paysage
  • Plan d’ensemble : à la différence du plan général, nous pouvons voir les actions des personnages. Ce plan permet généralement de commencer une action, en découvrant le décor et les actions qui entourent le personnage. Nous pouvons apprendre déjà beaucoup sur la situation initiale.
  • Plan moyen ou pied : comme son nom l’indique, le cadrage se fait de la tête au pied du ou des personnages. Cela permet de présenter l’arrivée d’un personnage ou bien de se focaliser sur l’action. L’horizon est généralement situé au niveau des yeux.
  • Plan américain : issu des westerns , il cadre de la tête à mi-cuisse. A l’époque les plans américains permettaient de montrer les pistolets des cow-boys. Aujourd’hui il est utilisé dans tous les genres du cinéma, pour se focaliser sur une action, un dialogue.
  • Plan rapproché : il existe deux plans de ce type, plan taille et plan poitrine. Il a pour objectif de rentrer dans l’intimité du personnage, de le rendre vulnérable ou bien l’inverse.
  • Gros plan et très gros plan : il cadre le visage de prêt et permet de dévoiler les sentiments du personnage.
  • Très gros plan : il permet de montrer un détail significatif d’un personnage ou d’un objet.
  • Plan subjectif : Plan à la première personne.

Mouvements de caméra :

  • Travelling horizontal/vertical : horizontalement la caméra suit généralement la marche du personnage de gauche à droite, ou inversement. Verticalement, il est souvent utilisé pour découvrir une scène, un information de haut en bas ou inversement.
  • Travelling avant/arrière : Avant, la caméra se rapproche du personnage ou de l’élément , il souligne un élément important dans l’histoire ou bien l’émotion du personnage. Arrière, qui est le processus inverse, a plusieurs fonctions, il peut servir à donner du recul sur le personnage ou bien à donner plus d’informations au spectateur.
  • Travelling circulaire : en une action, la caméra tourne autour du personne, renforçant un côté dramaturge, souvent associé à la folie.
  • Travelling compensé : on le doit à Alfred Hitchcock dans Vertigo. Cette technique consiste à faire un travelling avant ou arrière tout en zoomant, permettant de donner une impression de vertige aux spectateurs, tout en gardant le personnage en premier plan.
  • Traversé de décor : la caméra donne l’impression de traverser un solide.
  • Effet de dévoilement : un objet est au premier plan,et un travelling qui permet de dévoiler une scène cachée derrière lui.

Alors oui, c’est bien beau de citer tous ces cadrages et mouvements (et encore il n’y a pas tout), mais dans la pratique, comment ça se passe ?

Des exemples

Citons d’abord le directeur artistique et animateur Vladimir Marchukov, spécialisé dans les vidéos explicatives à destination de start up. Il utilise plusieurs des cadrages cités et travellings pour dynamiser ses vidéos. Par exemple, avec une vidéo portant sur les docteurs parlant anglais en Italie « Doctors in Italy ».

Nous pouvons constater qu’il arrive parfaitement à poser la situation générale avec un plan d’ensemble, la douleur du personnage avec des gros plans, ainsi de suite… Il fait aussi de légers travellings horizontaux pour dynamiser des scènes plutôt statiques. Je vous invite à aller voir sa chaîne Vimeo où il reprend pas mal de ces méthodes : https://vimeo.com/marchukov .

Continuons avec « Line things » illustré et animé par Yukai Du. À travers un travelling horizontal en plan séquence (c’est à dire sans coupure), elle utilise des effets de dévoilement pour présenter les situations avec différents cadrages. Elle réussit à varier les actions en rajoutant de la profondeur.

Et pour finir, le travail fait par l’illustrateur et animateur toulousain Romain Loubersanes, sur le thème de la coupe du monde du foot 2018. Dans cette vidéo, nous avons l’impression d’être dans le storyboard, l’histoire est racontée de façon logique, avec plusieurs cadrages, on switch entre action et situation.

Bonus :

Pour aller plus loin, je vous conseille d’aller sur cette page internet : http://www.odysseeducinema.fr/Plans.php qui approfondit les sujets du cadrage, des mouvements caméra et en plus montre des effets de transitions utilisés dans le cinéma.