Construire une relation fusionnelle avec son client (ou presque)

« – C’est toi qui raccroche ! – Non toi d’abord. – Alors à 3, 2, 1… t’as toujours pas raccroché – Toi non plus ! »

Dommage que ce type de discussion soit plutôt rare entre un·e client·e et son équipe de production.
C’est vrai que dans les échanges professionnels, on partage (presque) tous des conventions universelles : on reste cordial, souriant, on se vouvoie d’abord… Mais passé ces grands principes, la relation client·e / agence n’est pas toujours si évidente et des incompréhensions, frictions peuvent mettre en péril la production d’un projet.

Un échange constructif vaut mille idées ?

Les expert·e·s de La Vidéo Qui Explique ont repéré les points de blocage ou de réussite générés par les échanges.
Alors que vous soyez commanditaire de vidéos, agence de production ou freelance, on vous partage quelques conseils pour faire de vos productions, des moments de sérénité et de bienveillance 🙂 – bruits de vagues et chants d’oiseaux 

Co-construire, écouter l’autre, échanger sereinement : ces conseils peuvent sonner comme des évidences et pourtant il arrive souvent que certains intervenants prennent le dessus.
Garder ces grands principes en tête et rester dans une attitude bienveillante permet à tout le monde de s’exprimer librement pour faire naître un projet abouti, original, efficace.

Se faire confiance

On le répètera tant que ce ne sera pas acquis : la confiance c’est la base d’un bon échange. Si chacun croit au savoir-faire de l’autre (équipe de prod comme client), la production sera plus efficace et les échanges seront plus pertinents.

Il ne s’agit pas de laisser carte blanche aux équipes créa par exemple, mais plutôt que de leur imposer du bleu canard parce qu’on adoooore cette couleur, on peut plutôt leur demander ce qu’ils en pensent. Si ça s’intègre bien dans le projet.
Leur expertise est interrogée et ils peuvent vous orienter de manière pertinente et justifiée.

Communiquer toujours et encore

Notre expérience, notre point de vue, notre éducation et nos habitudes font de nous des êtres à part entière (et heureusement). On n’a donc pas tous la même vision du « beau », du « moderne » ou du « fade ». On n’interprète pas tous les « bwof », « humoué », « arhgh » de la même manière.
Alors, dans la vie comme dans la prod, il faut à tout prix détailler ses idées ou ses remarques.

Je me souviens de ce client bien occupé à qui j’ai envoyé un storyboard de 34 pages et qui m’a répondu entre deux réunions : « C’est bien mais ça manque de pep’s ».
Alors, même avec de la bonne volonté et du travail, je n’aurais pas pu lui faire une nouvelle proposition pertinente, juste à partir de ce retour. On allait perdre beaucoup de temps (lui comme moi) à se comprendre, à retravailler, à revenir sur nos idées…
Pour éviter tout ça, je lui ai demandé de trouver un moment pour échanger. On s’est appelé et il m’a donné ses impressions détaillées avec des exemples, des comparaisons. Et j’ai compris qu’il fallait seulement changer 2 plans …ouf on a sauvé les meubles (et le temps de prod) !

Un seul porte-parole par équipe

A l’heure des nouvelles technologies et des discussions à distance (par mail, Skype, Slack…), on a plutôt intérêt à avoir des échanges directs si on veut faire avancer un projet.
C’est vrai qu’il est plus facile de s’entourer d’experts métier pour avoir du recul sur un projet. Mais côté client comme côté prod, on ne peut pas impliquer tout le monde dans l’échange. L’idéal c’est de consulter l’équipe, écouter les conseils de chacun, trancher (s’il le faut) puis transmettre le retour en 1 fois  à son interlocuteur.

Imaginez un peu si chaque membre de l’équipe de prod devait donner son avis au client sans se consulter. Au delà des tensions générées dans cette équipe, le client serait totalement perdu et noyé dans les échanges.
Idem, côté client : il faut désigner une personne qui puisse comprendre, transmettre les retours et prendre des décisions.

Les plannings sont nos amis, il faut les aimer aussi !

Personne n’a intérêt à faire durer un  projet éternellement mais on peut manquer de temps à un moment du projet, peut-être que d’autres priorités (que votre projet vidéo) interviennent ? Peut-être que l’absence d’une personne-clé bloque l’avancée ?
Dans tous les cas, il vaut mieux limiter le glissement de planning et trouver une solution pour faire avancer le projet : pourquoi ne pas le confier à une autre personne de votre service ?

En laissant une production vidéo s’étaler doucement sur 2 ans au lieu de 6 semaines, c’est prendre d’énormes risques. Les équipes peuvent perdre l’objectif de vue. Mais elles peuvent aussi perdre en motivation sur un projet en pointillé, et difficile d’être pro-actif et audacieux quand on est lassé par un sujet 🙁

Puis se remettre dans un projet tous les 6 mois demande plus de réflexion, de concentration. Donc les équipes de production passent plus de temps sur ce projet et des surcoûts peuvent s’ajouter.

Enfin, laisser un projet traîner c’est donner l’occasion aux concurrents de sortir un projet similaire avant vous, dommage non ?

On ne veut pas en faire trop non plus mais respecter ces 4 piliers c’est déjà une vidéo réussie… et on sait de quoi on parle 😉